Limitation à 80 ou 90 km/h : où en est-on début 2026 ?

Depuis la fin de l’application uniforme des 80 km/h sur les routes secondaires, les départements ont retrouvé une certaine liberté pour relever localement la vitesse maximale à 90 km/h. Début 2026, plus de la moitié d’entre eux ont déjà fait ce choix, totalement ou partiellement. Résultat : le réseau routier français présente désormais un visage très contrasté, parfois difficile à décrypter pour les automobilistes.
Un assouplissement permis par la loi d’orientation des mobilités
Depuis la loi d’orientation des mobilités (LOM), entrée en vigueur fin 2019, les conseils départementaux peuvent relever à 90 km/h certaines portions de routes précédemment limitées à 80 km/h. À l’origine prévue comme une expérimentation de deux ans, cette possibilité s’est progressivement installée dans le paysage.
Si cette souplesse permet d’adapter la règle aux réalités locales, elle entretient aussi une forme d’incertitude pour les conducteurs, qui doivent redoubler d’attention en changeant de département.
52 départements ont déjà rétabli le 90 km/h
En ce début d’année 2026, 52 départements ont officiellement réintroduit le 90 km/h sur tout ou partie de leur réseau secondaire. Cela représente plus de 60 000 kilomètres de routes concernées, sur un total d’environ 900 000 kilomètres de réseau secondaire en France.
Dernier exemple en date : l’Eure, qui a décidé de repasser l’ensemble de ses routes départementales à 90 km/h depuis le 9 janvier 2026, après plusieurs années de maintien à 80 km/h.
Des stratégies différentes selon les territoires
Tous les départements n’ont pas procédé de la même manière. Certains ont choisi un retour généralisé aux 90 km/h, tandis que d’autres ont opté pour une approche plus sélective, en analysant tronçon par tronçon des critères comme :
- le niveau de trafic,
- l’accidentologie,
- la configuration géographique,
- la densité de population.
Cette liberté d’appréciation explique la grande diversité des situations observées aujourd’hui.
Les départements repassés à 90 km/h sur tout leur réseau
Huit départements ont fait le choix d’un retour complet aux 90 km/h :
- Allier
- Ardèche
- Aveyron
- Cantal
- Corrèze
- Creuse
- Eure
- Puy-de-Dôme
Les départements ayant relevé la vitesse sur une partie de leur réseau
De nombreux autres territoires ont appliqué le 90 km/h de manière partielle :
Alpes-de-Haute-Provence, Aube, Bas-Rhin, Calvados, Charente, Charente-Maritime, Cher, Côte-d'Or, Deux-Sèvres, Dordogne, Doubs, Eure-et-Loir, Gers, Haut-Rhin, Hautes-Alpes, Hautes-Pyrénées, Haute-Loire, Haute-Marne, Haute-Saône, Haute-Vienne, Hérault, Indre, Indre-et-Loire, Isère, Jura, Loir-et-Cher, Loiret, Lozère, Maine-et-Loire, Marne, Mayenne, Meuse, Morbihan, Nièvre, Orne, Saône-et-Loire, Sarthe, Seine-et-Marne, Tarn, Tarn-et-Garonne, Var, Vienne, Vosges, Yonne.
Les départements restés à 80 km/h
À l’inverse, environ quarante départements ont choisi de conserver la limitation à 80 km/h sur l’ensemble de leur réseau secondaire ou n’ont engagé aucune démarche de relèvement.
Parmi eux :
Ain, Aisne, Aude, Alpes-Maritimes, Ardennes, Ariège, Bouches-du-Rhône, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Côtes-d’Armor, Drôme, Essonne, Finistère, Gard, Gironde, Haute-Garonne, Ille-et-Vilaine, Landes, Loire, Loire-Atlantique, Lot, Lot-et-Garonne, Manche, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales, Rhône, Savoie, Haute-Savoie, Seine-Maritime, Somme, Vaucluse, Vendée, Territoire de Belfort, Yvelines.
Certains territoires comme Paris et les départements de la petite couronne ne sont pas concernés par le dispositif, faute de routes répondant aux critères réglementaires.
Une France à deux vitesses
Aujourd’hui, il n’existe plus de règle uniforme sur les routes secondaires françaises. Selon le département — et parfois selon le tronçon emprunté — la limitation peut varier entre 80 et 90 km/h, y compris sur des axes aux caractéristiques comparables.
Ce paysage fragmenté illustre la logique de décentralisation voulue par la loi, mais il complique également la lisibilité pour les conducteurs, notamment lors des déplacements inter-départementaux. À défaut d’un retour à une règle nationale unique, cette coexistence entre 80 et 90 km/h semble appelée à durer.

