Passeport batterie : une meilleure traçabilité de sa batterie, obligatoire à partir de 2027

Acheter une voiture suppose toujours une part de confiance. C’est encore plus vrai sur le marché de l’occasion, et davantage encore lorsqu’il s’agit d’un véhicule électrique, dont la valeur et l’usage dépendent largement de l’état de la batterie. Un composant onéreux, dont le remplacement peut dépasser les 20 000 euros, et qui conditionne directement l’autonomie du véhicule.
Tant que la batterie est couverte par la garantie constructeur, le risque reste limité. Mais une fois cette période passée, la situation devient bien plus délicate. C’est précisément pour répondre à ce problème que l’Union européenne a mis en place un nouveau cadre réglementaire, le règlement UE 2023/1542, entré progressivement en application depuis 2024. Comme le rappellent les experts de beev.com, ce texte vise à encadrer l’ensemble du cycle de vie des batteries, depuis leur conception jusqu’à leur recyclage.
Une véritable carte d’identité numérique de la batterie
Au cœur de cette réglementation se trouve le passeport batterie. Concrètement, chaque batterie sera associée à un QR code unique, apposé directement sur l’accumulateur. En le scannant, il sera possible d’accéder à une base de données standardisée regroupant des informations clés : origine des matières premières, composition chimique, empreinte carbone, données de fabrication et d’assemblage, part de matériaux recyclés, ainsi que les performances enregistrées tout au long de la vie du composant.
Cette traçabilité complète permettra de suivre la batterie de bout en bout, depuis l’extraction des ressources jusqu’à sa fin de vie.
L’information clé pour l’acheteur : l’état de santé de la batterie
Pour les acheteurs de véhicules électriques d’occasion, l’enjeu principal reste toutefois le SOH (State of Health), c’est-à-dire le niveau réel de capacité restante de la batterie, mesuré par le système de gestion électronique (BMS). Une donnée essentielle : une voiture de sept ans affichant 92 % de capacité n’offre pas du tout la même sérénité qu’un modèle similaire plafonnant à 74 %.
Dans le premier cas, la batterie reste en excellente condition. Dans le second, la perte d’autonomie est significative et le remplacement peut devenir inévitable à court terme, sans prise en charge une fois la garantie — généralement limitée à huit ans — expirée.
Une transparence indispensable… mais encore différée
Aujourd’hui, ces informations peuvent parfois être obtenues auprès des concessionnaires, mais elles ne sont ni systématiques ni présentées de manière homogène. Le passeport batterie a justement vocation à standardiser et démocratiser l’accès à ces données, au bénéfice des particuliers comme des gestionnaires de flottes professionnelles, de plus en plus engagés dans l’électrification de leurs véhicules pour des raisons fiscales et réglementaires.
On pourrait penser que ce dispositif est déjà généralisé depuis la publication du règlement européen. Pourtant, il faudra encore patienter. Le passeport batterie ne deviendra obligatoire qu’à partir du 1er février 2027.
À ce jour, un seul constructeur a pris de l’avance : Volvo, qui propose déjà ce passeport sur son SUV électrique EX90. La preuve que la mise en œuvre est techniquement possible. Reste à espérer que les autres marques suivent rapidement le mouvement — et qu’elles assurent une sécurisation irréprochable de ces données, afin d’éviter toute tentative de fraude.

